Pigeonnade David Bellemare
16 & 23 mai 2026
“Puisque le projet appelle, par son existence, à la transformation, au ludique et au camouflage, j’ai ressorti mes pigeons. Place à la Pigeo(n)nade.
Les sculptures présentées sont moulées à partir de faux perroquets que j’ai trouvés, puis peints comme des pigeons. Ce détournement s’inspire d’un fait divers provenant du Royaume-Uni. Là, des populations de perroquets se sont échappées et ont commencé à cohabiter avec les pigeons. Ce déplacement des espèces n’est pas neutre : il s’inscrit dans des histoires de circulation forcée, d’extraction et d’expansion coloniale, où les empires ont déplacé autant les corps que les écosystèmes. Dans un contexte actuel de fermetures des frontières, ces circulations deviennent encore plus révélatrices de ce qui peut — ou non — traverser les limites imposées.
Ici, à Montréal, ce changement est ramené dans une forme de fiction. Le perroquet adopte donc l’apparence du pigeon pour se fondre dans notre paysage urbain.
Cette idée de camouflage fait aussi écho à une expérience plus personnelle. En tant qu’homme bisexuel perçu comme hétéro, je navigue constamment entre visibilité et effacement, entre ce qui est lisible socialement et ce qui reste moins apparent.
Pigeon(n)ade joue donc avec ce décalage. Le kiosque attire par son apparence ludique et son incongruité. Ce qui semble évident ne l’est pas toujours.”
-- David Bellemare, 2026